jeudi 21 mai 2009

Mohéli, l'île Nature



Mohéli(Mwali), c'est d'abord la plus petite des 4 îles des Comores. La moins peuplée et donc celle dont on a le moins d'informations. Ca fait déjà une bonne raison d'y aller.
Ensuite Mohéli, c'est une conférence à Mamoudzou, en janvier 2009,où j'apprends qu'à Itsamia une association d'initiative locale protège les tortues depuis plusieurs années, avec un grand succès. Ainsi sur les plages d'Itsamia, les tortues viennent pondre par dizaines chaque nuit(parfois par centaines) or chaque femelle reviendra pondre sur la plage où elle est née...


L'éducation et la participation des habitants du village à cette démarche constitue une des raisons de la réussite à cette action de développement durable:

- protection des tortues qui ont là un site de ponte idéal, sans nuisances.



- maintien de l'activité de pêche ... eh oui! les bébés tortues qui naissent par milliers nourrissent aussi les très nombreux poissons du large !



- et puis développement d'un éco-tourisme, avec des guides formés par l'association et des " bungalows communautaires" gérés par les villageois.




Bien sûr tout n'est pas tout rose...récement Daan Ouni Msoili un des responsables de l'association a été très gravement agressé par des braconniers de tortues sur ces mêmes plages. La solidarité entre les îles (Comores, Mayotte, Réunion) et une hospitalisation en France ont été nécessaires pour lui apporter les soins neurologiques impossibles à Mohéli.

Mohéli c'est aussi un parc marin qui couvre presque toute la moitié sud de l'île.
Encore en devenir, ce parc avec ses espaces de réserves naturelles est à l'image de ceux qu'on connait en Europe (Cap Creus, Port-Cros).
Le potentiel est immense, à l'image de ces raies mantas que l'on croise facilement à marée montante.


dimanche 15 mars 2009

Calamar




Mardi, c'était "Maoulida".

Je suis pas spécialiste mais à part être un prénom de garçon assez fréquent, c'est aussi une fête religieuse musulmane qui commémore le jour de la naissance du prophète Muhammad (alias Mahomet)

Pour moi, cela restera ma 1ère pêche aux calamars !!
J'en avais entendu parler et on m'avait dit que c'était fort agréable...mais comme Saint Thomas (priez pour nous!) j'attendais avec hâte de le voir pour y croire.

Comment? Très simple ! Un kayak, une turlutte (non ! c'est un leurre, une sorte de crevette en plastique vaguement appétissante), une ligne en fil nylon et c'est parti!
Ah si ! il faut faire ça à la tombée de la nuit; c'est à dire mise à l'eau vers 17h30 et retour dans le noir ...

C'est génial! Les calamars mordent rapidement, pas besoin d'être un fin pêcheur. Il faut juste pagailler en bordure du tombant (bord du récif de corail à une dizaine de mètres de la plage) pour garder un léger mouvement.

A chaque sortie, il est possible de ramener de quoi faire un repas pour 2 ou plus si jour de chance; soit 2 à 3 calamars de taille moyenne (20-25 cm sans les tentacules)par personne. Et le calamar poellé à l'ail c'est pas mal !!

Tout ça en faisant une sortie en plein air, sous un ciel étoilé ( ah oui ici il n'y a pas de pollution, le ciel est scintillant la nuit)entouré par quelques tortues qui viennent respirer en surface de temps à autre dans le noir.... C'est sympa Maoulida !

lundi 16 février 2009

Départementalisation...



Le 29 mars 2009, la population de Mayotte va être consultée pour savoir si elle approuve la transformation de Mayotte en un département d'outremer(le 101 ème département français). C'est le référendum pour la départementalisation.

Mais qui constitue la population de Mayotte ??

Vers le 8eme siècle, des traces archéologiques(céramiques, perles de verre, etc) attestent d'une présence Bantoue; mais ce sont aussi certainement des peuples venus d'Indonésie(wak-wak) qui s'installent aux Comores et à Madagascar.

Au 9eme siècle, des marchands arabes (Chiraziens) et métissés avec des bantous fréquentent les 4 îles des Comores. Au 16eme siècle, plusieurs familles chiraziennes s'emparent des Comores. ["Faisons de l'histoire à Mayotte" chez Hatier]

Au 16eme, 18eme et 19eme siècles
, les Malgaches s'installent à Mayotte par vagues successives. En 1843, ils sont majoritaires dans la population. Le ki-bushi(shibushi) restera la langue maternelle de nombreux mahorais.

En 1841, constituant un excellent port en eau profonde pour la flotte, Mayotte devient une colonie française. La population ne s'y oppose pas, épuisée par des décennies de guerre civile entre les rois Malgaches et Comoriens qui administraient l'île jusque là.

En 1912
, c'est toutes les Comores qui deviennent une colonie française, rattachées au gouvernement de Madagascar.

En 1946, l'archipel est détaché de Madagascar et devient Territoire d'Outremer(TOM). La population dispose du suffrage universel, vote pour l'élection d'un député et d'un sénateur.

En 1973, Les 4 îles de l'archipel (Mayotte, Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) s'engagent avec le gouvernement français sur la voie de l'indépendance dans " l'amitié et la coopération".
De nombreux mahorais considèrent que la décolonisation n'est pas une avancée mais place Mayotte sous une autre dépendance , celle de ses voisins Comoriens et Anjouanais beaucoup plus nombreux.

En 1974, 64 % des mahorais ( sur 18000 inscrits) rejettent l'indépendance au sein d'une unité Comorienne. Pour protéger cette minorité mahoraise, la France impose aux 4 iles de rédiger une constitution garantissant l'autonomie de chacune après l'indépendance.
En 1975, un gouvernement d'unité comorien refuse et prononce l'indépendance immédiate.
En 1976, un second vote réalisé uniquement à Mayotte permet à 99% des mahorais de confirmer leur volonté de rester français.

2009 : La population de Mayotte atteint pratiquement 200 000 habitants (55% des Mahorais ont moins de 18 ans) dont 60 000 clandestins au moins(Anjouanais et Comoriens).
Les 3 autres iles de Comores constituent parmi les pays les plus pauvres au monde.
Ainsi chaque année c'est plusieurs milliers d'individus qui tentent de survivre en traversant de nuit en kwassa-kwassa (petite barque motorisée) les quelques kilomètres les séparant de Mayotte...au risque de périr en mer.
En 2008 plus de 200 kwassa sont arrêtés et 16000 reconduites aux frontières.

Depuis 35 ans, le gouvernement des Comores unifiées ne cesse de réclamer la décolonisation de Mayotte et son retour au sein de l'archipel, à travers des négociations avec le gouvernement français et les instances internationales(communauté européenne, ONU, Org. de l'Union Africaine, etc...)

Or ici, objectivement, rares sont ceux qui militent pour ce retour au sein de l'unité comorienne.

...Alors que va voter la population de Mayotte??

jeudi 22 janvier 2009

Rainbow Nation




La nation arc-en-ciel de Nelson Mandela. Une utopie ou un rêve possible...presque 20 ans après la fin de l'Apartheid(la Séparation), Blancs et Noirs continuent de vivre les uns à coté des autres....comme les couleurs de l'arc-en-ciel, à coté mais séparés les uns des autres.

Tel quartier est Noir, l'autre est Blanc, telle est ville est Noire, une autre est Blanche; telle plage est Blanche un jour et Noir un autre jour... et toujours des murs, des kilomètres de murs, des barrières, des check-point, des barbelés partout, souvent électrifiés autour des habitations de Blancs(10 000 volt).

L'opulence et le luxe des quartiers Blancs face à la grisaille des townships, ceux que l'on voit(Soweto)et ceux qui sont cachés loin des villes, le long des autoroutes.

un petit township à la campagne



Les Zulus ont développé l'habitat circulaire, car grâce au toit pointu, les fumées du feu s'élèvent dans la maison et permettent de rester en communication avec l'esprit des Anciens.




Alors que les Blancs roulent en 4x4 pick-up disproportionnés, grillent du boeuf et des saucisses en excès et stockent l'eau dans des récipients anguleux...




Sinon pour les beaux paysages et les animaux sauvages: c'est ici

mardi 28 octobre 2008

Vita Malagasy

Made in Madagascar : c'est un peu le slogan des Malgaches.




Un pays en voie de développement. Une semi-autosuffisance alimentaire, une capacité à réparer et un taux de recyclage incroyables ...Les vestiges de la présence française (indépendance en 1960) et la présence importante de véhicules de cette époque (le pays roule en 4L depuis 50 ans) donne un petit coté Cubain.






Mais le pays est pauvre: l’électricité n'est pas arrivé partout et fonctionne mal, les routes sont " cratérisées" (environ 5h pour faire 200 km en taxi-brousse sur une route nationale), le niveau de vie a été divisé par 2 depuis l'indépendance, la corruption et la prostitution règnent et augmentent chaque année.



Pourtant les malgaches sont souriants, confiants et courageux. "Mora-mora" (doucement) les choses changent. Et le président lui-même y croit. Propriétaire d'un groupe agro-alimentaire, il n'hésite pas à inonder le pays d'affiches publicitaires ventant ses produits "Vita Malagasy"...



lundi 6 octobre 2008

Padzas : les terres incultes



Il est presque impossible de ne pas les voir, puisqu'elles sont partout sur Mayotte couvrant une surface de 3000 hectares.

Les Padzas sont des zones où le sol cultivable, riche en humus, a disparu, emporté par le lessivage des pluies tropicales.
Affleure alors un ensemble d'argiles provenant de l'altération des basaltes précédement recouverts. Ces argiles plus ou moins compactes continuent de subir une altération chimique et donnent un large échantillon de couleurs allant du blanc, gris, ocre ou rouge.



D'origine naturelle ou causée par l'action de l'Homme (culture sur brulis dans des zones à forte pente), les padzas posent des problèmes puisqu'elles accélèrent le transport des particules par la pluie, menaçant les villages en contre-bas (risque d'éboulement) ou participant à la turbidité de l'eau du lagon et donc exerçent une menace sur la pérennité des coraux du récif.

Très esthétiques au milieu du vert de la forêt ou des cultures, les padzas sont des milieux particuliers qui posent la question de l'équilibre environnemental entre développement et préservation. Leur aménagement en concertation avec les agriculteurs, les éleveurs et les élus est fortement souhaitable.

En attendant certains ont trouvé là un excellent terrain de jeu...

Journée du Patrimoine à Mzouazia


Petit clin d'oeil à un voisin de plage. A 200 m de la maison, installé sur la plage, un menuisier s'est lancé dans la construction d'une réplique d'un langoustier breton. Un défi personnel et une envie de naviguer. Le personnage, fort sympathique a fait venir plusieurs tonnes de bois (chêne et châtaignier) de métropôle.

Bien que Madagascar soit très proche de Mayotte et regorge de forêts, il est plus rentable pour lui de faire venir le bois d'Europe !! Pourquoi ?? Le bois en provenance de Mada est de moins bonne qualité (à l'élevage et à la coupe) or le coût du transport se fait surtout sur les manoeuvres de port et pas forcement sur le gasoil dépensé. Les coûtS des pertes sur le bois venant de Mada (bois vrillé, parasité) dépasserait la petite économie sur le transport ... une fois encore, produire du CO2 ne coûte rien à ceux qui l'émettent.

Son bateau est magnifique, ventru, large et de bonne dimension ( un pont de 15 mètre environ). Prévu pour une navigation à la voile, ce type de bateau permettait d'embarquer des casiers pour la pêche aux langoustes en Atlantique. Cette replique devrait accueillir le propriétaire et sa famille. Mise à l'eau aux grandes marées de Mars ou Avril 2009.

Bon vent à eux.